Immobilier : Baisse des APL à partir d'octobre 2017

Dans le cadre du plan d’économies mis en œuvre par le gouvernement d’Édouard Philippe, de nombreuses mesures drastiques ont été engagées. Une d’entre elles qui a fait la une, la baisse des aides personnalisées au logement (APL) à raison de 5 € par mois et par foyer à partir d’octobre 2017. Zoom sur le sujet.

Qui bénéficie de l’aide personnalisée au logement ?

L’aide personnalisée au logement est destinée aux locataires, colocataires, sous-locataires, résidents en foyer... désireux de réduire le montant de leur loyer ou de leur mensualité de remboursement de prêt immobilier. Elle est octroyée par la CAF (Caisse d’allocations familiales) sous plusieurs conditions. Aujourd’hui, l’APL bénéficie à 6,5 millions de ménages français, dont la grande partie des allocataires sont des étudiants. Au premier semestre 2017, il a été recensé 800 000 étudiants bénéficiaires sur 2,6 millions de ménages.

Baisse de 5 euros par mois des APL : quelles conséquences ?

Des ménages défavorisés

Il faut dire que la décision prise par le gouvernement a été mal accueillie par le public. En effet, « pour les budgets importants, 5 euros représenteraient un argent de poche. Mais, pour les ménages qui gagnent moins de 1000 euros par mois, c’est l’équivalent du prix du pain pendant une semaine » ajoute Olivier Faure, député PS de Seine-et-Marne.

Entre autres, selon la Cnaf, 20 224 bénéficiaires de l’APL perçoivent aujourd’hui entre 15 et 19 euros par mois. Or, il a été relevé que toute aide inférieure à 15 euros n’est plus versée au bénéficiaire. Cela dit, ces allocataires ne pourront plus rien toucher.

Des étudiants précarisés

De leur côté, les organisations étudiantes ont également pointé du doigt cette nouvelle mesure.

Selon le syndicat étudiant Fage : « un étudiant sur quatre vit sous le seuil de pauvreté », et le prix du logement représente plus de la moitié du budget mensuel d’un étudiant. Ainsi, une réduction de 5 euros par mois ou de 60 euros par an des APL est tout simplement révoltante. De plus, cela met en cause la poursuite des études pour les quelque 60 000 nouveaux bacheliers.

Pour la PDE (Promotion et Défense des étudiants), la solution est simple. C’est de retirer cette proposition dangereuse pour la jeunesse. Elle juge qu’il s’agit d’une mesure d’économie qui va à contresens du besoin réel.

L’ANEMF, l’association représentative des étudiants en médecin, se désole aussi face à la situation. Selon eux, l’APL est indispensable à des milliers d’étudiants à l’heure actuelle.

Une économie de 400 millions d’euros par an pour l’État

Si grand nombre de Français ne voient que le mauvais côté de la baisse des APL, il faut dire que certains se montrent tout de même « constructifs ». Selon le calcul, les APL versées aux bénéficiaires coutent 18 milliards d’euros par an à l’État. Donc, avec une baisse de 5 euros mensuelle, le gouvernement pourrait économiser 32,5 millions d’euros par mois, soit dans les 400 millions d’euros par an. Pour ces derniers, cela conduirait surtout à baisser les prix du loyer qui n’ont toujours profité qu’aux propriétaires.